Espace nature et santé : le camp du Ruchard

 

La date approchait doucement et déjà, le peloton précédent esquissait des sourires, parfois même des rires. Pour nous tous, le peloton vert, le RUCHARD c'était la libération du guerrier qui sommeillait en nous, les hélicos battant l'air du terrain d'opérations sur fond de chevauchée des Walkyries, peut-être même le grand baroud et pour quelques exceptions, c'est-à-dire la moitié du peloton, le Ruchard signifierait la souffrance et la douleur MAXIMUM.


J'attendais, le matin du départ, le bus qui nous amènerait au camp du Ruchard. En effet, inimaginable de faire 250 km, balancés, tel un groupe de combat en VAB, durant un si long trajet... Erreur grave : les TRM étaient déjà là, à la queuleuleu, bâchés, gelés comme nous qui avions placé nos couvertures et nos sous-vêtements chauds au fond de nos sacs F1, ceux dont nous nous sommes séparés avant le départ. Le retour fut beaucoup plus brillant, épique même : le peloton ressemblait à une publicité pour bibendum Michelin (TM) sponsorisé par Dormidur (TM).

Donc nous arrivâmes après 6 heures de route au camp du Ruchard. Nous étions gelés, le niveau hygrométrique était de 200%, bulletin météorologique : "Temps sévèrement pluvieux". Pas de comité d'accueil, pas de fleurs, même pas de fanfare, mais surtout pas le moindre porteur. Nous ne nous formalisâmes guère pour si peu et nous déposâmes armes et bagages à l'armurerie pour les bagages et ...heu! non, peut être l'inverse. Ah! les locaux, comment résister au bon mot de l'Adjudant : "Vous allez percevoir des locaux propres, vous allez les rendre (écho du peloton fayot) NEUUUUFS!." Nous les rendîmes propres, RAS.

Puis arrivèrent les jours de combats où nous reconnûmes, par groupe de combat, 100 fois le même carrefour, le même itinéraire. Où chacun déchargea par caisse de 500 des SMEP, DPIF, FFH et j'en passe.

Les Gunners dans l'âme, ont pu s'en donner à coeur joie lors des séances de tir ensoleillées. Seule déception, le LRAC 89 fut remplacé par le 73. Pour certains, c'était un nombre par un autre, pour les Killers ce fut 20 litres d'adrénaline en moins.Quant aux petites fées du logis de naissance, leurs heures de gloire retentirent si intensément que leurs yeux et leurs mains s'en souviendront encore longtemps. Les séances de tir furent généralement longues et mal équilibrées : 18 heures au total pour 12 heures de nettoyage.

Le soir de la Tranche au Loin, après une marche tactique qui n'avait rien à envier à un stage de nageur de combat, nous arrivâmes, trempés mais en vie (Ouf). L'accueil et le service laissaient à désirer et le repas fut plus que spartiate, je n'évoquerais même pas le couchage... D'ailleurs, d'un commun accord; nous retirâmes, et ceci avec une grande fermeté, les 2 toques qui ornaient le guide militaire du Michelin (TM) : "Les Bons Repaires au Coin du Feu." Retour entraînement marche commando, avec ambiance NBC pour les plus malades.

Enfin vint la soirée des Warriors, cadres contre EOR. Cinq groupes de combat, rodés au combat, drillés au déplacement mais chichement dotés en munitions, en comparaison de nos supérieurs vénérés dont les cartouchières, les grenades et le maquillage FOMEC, les faisaient ressembler à de vrais arbres de Noël. La nuit se résuma à des attaques entre groupes, à des palabres interminables au TRPP13, au positionnement d'un groupe sur la nationale D37 et à l'anéantissement du groupe 1. L'ennemi restait introuvable. Cinq heures plus tard, un groupe constitué, au pied levé, de ce à qui il restait des munitions, trouvèrent l'ennemi. La bataille fut courte mais bruyante. L'ennemi était vainqueur, les Warriors EOR étaient défaits et, au point de rassemblement, les mesures de sécurité eurent raison du moral ennemi triomphant. Quelque part, l'un de nous avait gagné une médaille mais pas la Victoria Cross. Chacun de nous retrouva son lit. Mon binôme et moi, commençâmes notre tour de garde durant lequel, la fatigue aidant, nous vîmes toutes sortes de formes, le plus souvent inhumaines.

Il y eut aussi une marche, type randonnée aquatique où les meilleurs nageurs arrivèrent les premiers. Pour se remettre, nous organisâmes un grand repas afin de présenter et consacrer le bureau Fine fraîchement élu. Le vin coula à flots. L'ordinaire fut amélioré d'un poisson nommé : "Saumon fumé". Fumé, il avait dû l'être en venant à pied de sa chère rivière natale. Le dessert était constitué de ...je suis incapable de m'en rappeler. Nous chantâmes beaucoup et très fort; le Brésil, le soleil d'Espagne, les meilleurs dansèrent en soulageant leur personne des vêtements à leur sens les plus superflus. Nous eûmes même un Johnny en herbe; et que vas-tu nous chanter mon petit ? Et ton papa, où est-il dans la salle ? Une ambiance digne d'un banquet champêtre.

Le lendemain, sur la place du rapport, se présentait un peloton donnant des signes indéniables de pâleur, de fébrilité et de têtes perdues dans des méandres coprorels insondables.

En résumé, le camp du Ruchard, c'est la source de jouvence du cobattant au sommet d'une montagne de douleur et de souffrance. Amen.

Elève Officier de Réserve Benoit de DUCLA
Peloton EYHARTS
Section JACQUET
Section rassemblée
Effectif...

REPOOOOOS !

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